Marc Coppey & Claire-Marie Le Guay 

Musique classique

Samedi 19 juin 2021 à 20h30

“Beethoven et ses héritiers romantiques”
Marc Coppey, violoncelle & Claire-Marie Le Guay, piano

 

Ludwig van Beethoven 1770 – 1827
Sonate pour violoncelle et piano No 3 en La Majeur, Opus 69 (1807-8)
Allegro ma non tanto
Scherzo. Allegro molto
Adagio cantabile – Allegro vivace

Gabriel Fauré 1845 – 1924
Élégie, opus 24 (1880)
Romance, opus 69 (1894)
Papillons, opus 77 (1884)

Johannes Brahms 1833 – 1897
Sonate pour violoncelle et piano No 1 en mi mineur opus 38 (1862-5)
Allegro non troppo
Allegretto quasi minuetto
Allegro

Le siècle romantique constitue un point d’apogée dans l’histoire du violoncelle, dans le sillage de l’essor connu par l’instrument au XVIIIe siècle qui supplante peu à peu la viole de gambe et dont le jeu s’enrichit de nouvelles techniques : invention de la position du pouce, notamment, qui permet de conquérir le registre aigu de l’instrument et d’augmenter la virtuosité de la main gauche, facilitant en particulier l’emploi de doubles cordes sur la partie du manche la plus proche du chevalet. Mis à l’honneur par les plus grands compositeurs de l’époque – Beethoven, Mendelssohn, Brahms, Schumann, Lalo, Saint-Saëns, Chopin –, l’instrument s’émancipe définitivement du rôle traditionnel d’accompagnement que lui avaient attribué la période baroque puis à l’ère classique. L’apparition d’une littérature spécialisée écrite par des violoncellistes qui explorent les possibilités tant techniques qu’expressives de l’instrument – Jacques Offenbach, David Popper, Jean-Louis Duport et Bernhard Romberg – fait aussi considérablement évoluer le jeu et permet de révéler aux autres compositeurs les possibilités de cet instrument, dont le lyrisme s’accorde bien avec l’esthétique romantique.

La sonate pour violoncelle et piano en La Majeur, opus 69, de Ludwig van Beethoven fut composée entre 1807 et 1808 puis publiée en 1809, une période exceptionnelle qui vit la naissance de l’ouverture de Coriolan, de la Cinquième symphonie et de la Symphonie pastorale, cette sonate lumineuse est un sommet de la musique de chambre de Beethoven, alors en pleine possession de ses moyens. Elle est dédiée au baron Gleichensteinhis, ami de Beethoven et violoncelliste amateur. La sonate fut créée le 5 mars 1809 à l’occasion d’un concert de bienfaisance par le violoncelliste virtuose Nikolaus Kraft avec la pianiste Dorothea von Ertmann, élève de Beethoven. La sonate a toujours été très appréciée du public.

Composée en 1880, l’Élégie de Fauré est créée le 15 décembre 1883 à la Société nationale de musique par le violoncelliste Jules Loëb, professeur au Conservatoire de Paris et dédicataire de l’œuvre. Conçue comme le mouvement lent d’une sonate qui ne vit jamais le jour, l’Élégie est orchestrée par Fauré en 1885 à la demande du chef Édouard Colonne. La destination initiale de la pièce explique son caractère très expressif. Les premières mesures installent un climat funèbre avec lequel contraste l’expression passionnée de la partie centrale. Accueillie avec enthousiasme lors de sa création, l’Élégie connaît depuis lors un succès jamais démenti qui en fait l’une des œuvres phares du répertoire pour violoncelle.

La Romance pour violoncelle (1894) déploie un lyrisme rêveur, où l’effusion s’intensifie par moments. Elle débute et se termine par un clair-obscur qui n’est pas sans rappeler Brahms et qui se transforme en une longue phrase flexible accompagnée par des arpèges couvrant l’ensemble du registre du piano. Le thème n’est pas nouveau puisque Fauré l’avait déjà utilisé dans sa musique de scène pour Shylock de Shakespeare dans le second tableau de l’acte III, composée en 1889.

Après le succès de l’Élégie, l’éditeur Hamelle commande à Fauré une pièce virtuose pour violoncelle. Le titre du morceau, composé en 1884 et publié seulement en 1898, fut l’objet d’un désaccord. Fauré suggérait une formule générique : Pièce pour violoncelle. L’éditeur défendait Libellules, avant de choisir Papillon. Si la partition comporte des épisodes vifs-argents, elle laisse surtout s’épanouir le chant du violoncelle, témoignant de l’aversion de Fauré pour une virtuosité de commande.

La sonate pour violoncelle et piano de Brahms est dédiée au violoncelliste et professeur de chant de la Singakademie de Vienne Josef Gänsbacher, ami du compositeur. L’ouvrage reçut aussitôt un vif succès, et elle fut surnommée sonate pastorale. Le thème principal du premier mouvement et de la fugue viennent des Contrapunctus 4 et 13 de l’Art de la Fugue de Bach.

Brahms compose les deux premiers mouvements pendant l’été 1862, et le dernier mouvement en 1865. Le titre de la sonate est « Sonate für Klavier und Violoncello ». Lors d’un concert privé donné par Brahms et Gänsbacher pour des amis, Brahms a joué tellement fort que le brave Gänsbacher s’est plaint qu’il n’entendait pas du tout son violoncelle – « Vous en avez de la chance », grogna Brahms, et continua et s’emporter sur le piano.

L’œuvre sera défendu avec enthousiasme par le violoncelliste Robert Hausmann à Londres et à travers l’Europe. En signe de reconnaissance, Brahms lui dédicace sa deuxième sonate.

Durée 65’ sans entracte

Tarif : adulte  21 / Etudiants – 25 ans 10 €

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